Accueil

Le Grand Œuvre de VERVINS

La Loge LE GRAND ŒUVRE de Vervins

A sa naissance, à la fin du XVIIe siècle, début XVIIIe, la Franc-Maçonnerie était vide de toute préoccupation philosophique ou initiatique. Elle se présentait comme une structure nouvelle qui se proposait de rassembler les hommes dans le but de discuter et banqueter donc de mieux se connaître.

En outre, elle mettait en œuvre un cérémonial très simple comme c’était la coutume dans ce type de sociétés au XVIIIe siècle. Cependant, elle apportait deux suppléments : un fort potentiel de fraternité et un arsenal de symboles et de rituels empruntés aux maçons opératifs.

Avec le temps, la démarche maçonnique s’est modifiée.

Dans les creusets que constituent les loges maçonniques, marquées par la soif de connaissance, la liberté de pensée et diversité des préoccupations, deux courants ont émergé différentiés par l’objet et la finalité de leurs recherches, deux courants aux besoins initiatiques différents :

– Le premier regroupera les maçons qui veulent appliquer le résultat de leurs recherches à l’amélioration du sort de l’homme dans la société. De là naîtra le courant philanthropique qui deviendra plus tard politique (surtout au GODF dans la seconde moitié du XIXe siècle).

– Le second courant verra dans la franc-maçonnerie la possibilité d’accéder, grâce aux symboles, à un monde de connaissances allant au-delà des connaissances ordinaires donc philosophique, voire ésotérique.

La démarche de la loge de Vervins, Le Grand Œuvre s’inscrit clairement dans le premier courant. Mais chacun de ses membres poursuit son cheminement librement.

Beaucoup de personnes qui adhèrent à la Franc-maçonnerie le font parce qu’elles souffrent d’un manque de reliance. La commensalité (c’est-à-dire le fait de partager le repas de quelqu’un) fait partie des activités des membres d’une loge ; il ne s’agit pas seulement de manger ensemble, mais encore de partager du vin ; la convivialité a donc été l’une des composantes majeures de la pratique maçonnique depuis son origine.

Mais l’essentiel de ses activités est constitué de travaux. Quels travaux ?

Depuis trente ans plus de 600 sujets ont été présentés et débattus lors des réunions de la loge Le Grand Œuvre de Vervins qui est connue pour la qualité de ses travaux et la profonde fraternité qui y règne.

L’initiation maçonnique, à travers une cérémonie de réception, c’est la proposition d’un but et la proposition d’une méthode de travail.

– Le but à atteindre, c’est celui de tous les hommes de courage et de bonne volonté, et c’est un homme qui n’était pas maçon qui en a donné la plus belle définition. Dans son discours à la jeunesse Jean Jaurès parle du courage, et le franc-maçon Jean Charles Nehr le transpose ainsi : « Être initié [Jaurès dit « le courage…], ou tout simplement être franc-maçon, c’est comprendre sa propre vie, la préciser, l’approfondir, l’établir et la coordonner cependant à la vie générale. C’est garder, dans les lassitudes inévitables, l’habitude du travail et de l’action. C’est être à la fois un praticien et un philosophe, c’est dominer ses propres fautes, en souffrir, mais ne pas en être accablé, et continuer son chemin. Être initié, ou tout simplement être franc-maçon, c’est aimer la vie et regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est aller à l’idéal et comprendre le réel ; c’est agir et se donner aux grandes causes, sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense ».

Quant à la méthode, c’est celle du libre examen, de la libre discussion, dans l’échange et le partage fraternels, où les symboles ne sont là que pour structurer l’espace et le temps de nos travaux et pour nous rappeler que nous sommes des francs-maçons, c’est-à-dire des hommes libres, des constructeurs et que notre construction ne pourra se faire que dans l’union des intelligences et des cœurs.

Ainsi à la question Que venons-nous chercher en maçonnerie ? nos réponses divergent.

Nous ne venons pas tous y chercher la même chose : la convivialité ou mieux, la fraternité, la défense des valeurs humanistes et particulièrement de la laïcité, ou encore une quête spirituelle voire ésotérique.

Qu’importe dès lors que nous menons notre quête personnelle sans chercher à l’imposer aux autres et mieux encore dès lors que nous bénéficions de l’athanor fécond et bienveillant que constitue la loge réputée pour la qualité et la bienveillance des rapports humains en son sein.

Tel est notre grand œuvre personnel et collectif.

P. C. Janvier 2024